Sur le flanc du Cambre d’Aze, où la brume se ploie,
Bondit l’isard farouche au lever cristallin,
Il défie le ravin, le chasseur, la neige, le froid,
Son souffle glissant sur les arrêtes châtains.
Près du Cancardós, là où dévalent les pierres,
Le mouflon, fier gardien des couloirs escarpés,
Pose son front imposant au bord des lumières,
Immobile, veillant sur ce massif aux pics découpés.
Dans la forêt du Col de la Llose, le cerf lentement passe,
Ses bois captent la lumière à travers les grands pins,
Son brame s’élève et résonne dans l’espace,
La mousse frissonnant au parfum du matin.
Le chevreuil, plus discret, glisse dans la rosée,
Il traverse les troncs, rapide et sans bruit,
Son œil luit un instant, perle déposée,
Avant que sa grâce ne fonde dans la nuit.
Entre les troncs frissonnants glisse la bécasse,
Au bord des taillis, s’éveille le faisan,
Dans l’air frais, la grive s’élance, avec audace,
Il résonne au loin un chant bienfaisant.
Sur les prés de givre, au détour des clairières,
Le lièvre bondit, vif, fuyant l’épervier,
Sa trace sur la neige écrit sa prière,
D’une effluve de vie, en liberté traquée.
Ici, tout semble vivre en un même danse,
Sous ce ciel éclatant où le jour s’est posé,
Ma montagne respire en lente bienveillance,
La Llagonne quant à elle, veille, en silence apaisé.
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