Dans la nuit, monte une étincelle d’argent,
La lune, Déesse au front pur et changeant,
Déroule lentement sa lueur souveraine,
Sur les toits endormis, sur la mer, sur la plaine.
Elle veille en silence aux confins des forêts,
Où l’ombre s’étire et tremble sous ses traits,
Elle peint sur l’écorce une clarté fragile,
Fait luire un sentier sur la mousse tranquille.
Sous son œil apaisé, les eaux se font plus hautes,
Les marées, obéissantes, dressent leurs cotes,
Et l’océan, docile à son souffle d’ivoire,
Respire à son rythme et se laisse émouvoir.
Elle trouble les cœurs, avive les pensées,
Rend fous les amoureux, tendres ou insensés,
Sous son disque, un regard devient promesse vaine,
L’âme se perd, brulante au reflet de sa Reine.
Les poètes l’invoquent, les loups la supplient,
Les rêveurs l’embrassent d’un murmure infini,
Son croissant est un signe, une barque, un mystère,
Glissant entre les cieux et le bord de la terre.
Quand son éclat s’éteint sous l’aube palissante,
Le monde garde en lui sa trace frémissante,
Un reflet dans les yeux, un trouble, un fragment pur,
La lune laisse en nous un peu de son mystère obscur.
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