Elle a quatre-vingt-dix ans, du soleil dans les yeux,
Un rire clair, éclatant, un cœur toujours joyeux,
Le temps peut bien passer sans jamais la lasser,
Elle garde au fond d’elle un printemps insensé.
Le matin la voit vivre avec mille projets,
Un bouquet dans les bras, un sourire léger,
Ses fleurs sont son royaume aux parfums délicats,
Et son jardin semble rire chaque fois qu’elle est là.
La vie ne l’a pourtant jamais vraiment ménagée,
Des journées de labeur, des sols à nettoyer,
Des heures de courage et des gestes répétés,
Mais jamais dans sa voix l’ombre d’un regret.
Pour ma sœur et pour moi, elle fut un abri,
Une présence douce éclairant notre vie,
Toujours prête à défendre, à protéger, aimer,
Avec cette tendresse impossible à nommer.
Chez mes parents longtemps la maison a vibré,
De repas, de passages, d’apéros, d’amis venus parler,
Et même aujourd’hui encore, malgré l’absence de papa,
La porte reste ouverte et le bonheur entre toujours là.
Car tout le monde l’aime ; autour d’elle on revient,
Pour entendre sa bonne humeur ou lui tenir la main,
Elle possède ce don rare et merveilleux,
De rendre les instants plus simples et plus heureux.
Mais il faut la surveiller, cette éternelle enfant,
Elle grimpe sur les chaises avec aplomb souvent !
Dans sa tête le miroir refuse les saisons,
Elle croit encore parfois avoir vingt ans tout rond.
Toujours prête à partir vers une nouvelle aventure,
Le regard curieux, l’âme vive et sûre,
Il y a quelques années, défi lancé aux cieux,
Madame a fait du planeur… le sourire radieux !
Et celle refusant jadis le moindre bain,
A plongé dans l’eau claire sans craindre le lendemain,
Son premier bain de piscine, l’an dernier seulement,
Comme un petit exploit accueilli en riant.
Puis viennent les douceurs gardées comme un trésor,
Une glace savourée avec des yeux d’aurore,
Un parfum de Caramel, un plaisir gourmand,
Rendant son visage plus lumineux, rayonnant.
Ma maman est ainsi… solaire et généreuse,
Courageuse, vivante, incroyablement chaleureuse,
Et lorsque je la vois sourire au fil du temps,
Je comprends simplement la beauté des mamans.