Juillet verse son feu sur les pentes d'altitude,
Le soleil étend son manteau sur les sommets.
La montagne endure une longue solitude,
Mais garde ses trésors au creux de ses secrets.
Les foins coupés répandent leurs parfums d'enfance,
Un souffle d'autrefois revient dans les maisons.
Chaque senteur réveille une tendre présence,
Et ramène en silence les anciennes chansons.
Les prés deviennent d'or sous la lumière intense,
Les épis se courbent au passage du vent.
La faux laisse encore une douce résonance,
Dans les granges ouvertes aux souvenirs d'antan.
Au détour d'un sentier bordé de fleurs sauvages,
Les vaches dans les prés avancent lentement.
Les chevaux des estives habitent les pâturages,
Et portent dans leurs yeux la paix du firmament.
Les sonnailles résonnent au flanc de la montagne,
Leurs échos vont danser au sommet des forêts.
Le berger accompagne les troupeaux de campagne,
Dans l'immense silence offert par les hauts prés.
Les pins chauffés au jour parfument les collines,
Les pierres gardent encore la chaleur du soleil.
Puis la nuit descend sur les vieilles racines,
Avec son air léger, sa fraîcheur sans pareil.
Quand l'ombre vient enfin caresser les vallées,
La montagne respire après l'effort du jour.
Les étoiles apparaissent dans les nuits étoilées,
Et l'été retrouve un visage d'amour.
Juillet peut bien brûler les chemins de lumière,
Il ne prend jamais l'âme de ces grands horizons.
Car la nuit rend toujours sa douceur à la terre,
Et berce les montagnes au rythme des saisons.